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RST, Nantes, Avril 2001, communication.
FILONS
SEDIMENTAIRES DANS L'OXFORDIEN DE L'EST DU BASSIN PARISIEN : CONTEXTE
SEDIMENTAIRE, PALEOTECTONIQUE ET PALEOCIRCULATIONS
G.
André, C. Carpentier,C. Hibsch, B. Beaudoin, P. Elion
Ce
travail initié par l'Andra vise à reconstituer l'histoire
tectonique de l'Est du Bassin parisien avec un accent particulier porté
sur les déformations mésozoïques. L'activité
synsédimentaire est remarquable sur profils sismiques par des surépaisseurs
le longs de failles telles que Saint Martin de Bossenay, Metz, la Marne
et Vittel (Villemin, 1971). Des travaux récents ont permis de faire
le point sur l'état de fracturation des calcaires du Dogger et
du Malm, identifiant des chronologies relatives entre les différentes
phases de déformations.
Parmi les affleurements étudiés une attention particulière
est ici portée sur l'Oxfordien calcaire dans lequel ont été
reconnus des filons sédimentaires. Ces objets se rencontrent le
plus au Sud à Gudmont et le plus au Nord à Génicourt.
Stratigraphiquement ils s'échelonnent de l'Oxfordien moyen (Entroquite)
à l'Oxfordien supérieur (calcaires récifaux). L'Entroquite
est interprétée en barres de déferlement dont l'allongement
orienté N60°E a été rattaché à
un possible contrôle paléogéographique de la faille
de Metz (David, 1998). Au dessus de l'Entroquite, la carrière de
Sorcy exploite les calcaires blancs récifaux de l'Oxfordien moyen.
Enfin, les calcaires de Gudmont concernent le sommet de l'Oxfordien supérieur
avec un passage entre faciès récifaux et environnements
de plate-forme externe.
Ces filons, rares au sud de Pagny-sur-Meuse deviennent très fréquents
au Nord dans l'Entroquite à Génicourt puis disparaissent
vers Verdun. Ne dépassant pas quelques centimètres d'épaisseur,
d'aspect blanc laiteux ils se développent verticalement sur plusieurs
mètres et présentent pour certains une reprise en fente
de tension à remplissage calcitique. L'étude en sections
polies et en lames minces révèle un remplissage per descensum
polyphasé par une boue micritique mélangée à
des fragments des épontes et présentant des figures en coupelles
caractéristiques. La mise en place de ces filons est relativement
précoce car certains fragments d'entroques piégés
sont indemnes de traces de cimentation. Les plus jeunes terrains affectés
sont oxfordiens supérieurs et les filons n'ont encore jamais été
observés dans le Calcaire rocailleux (Kimméridgien).
Ces filons globalement orientées NNE-SSW, donnent un axe d'extension
jurassique E-W à WNW-ESE, direction habituellement attribuée
à l'ouverture oligocène de fossés comme celui de
Gondrecourt. Ce dernier est marqué par une auréole de paléocirculation
de fluides météoriques ayant recristallisé les ciments
(d18O : 19-210/00 SMOW, Buschaert,
2001). Les filons sédimentaires situés pour la plupart au
nord ce cette zone ont préservé des valeurs isotopiques
plus marines (vers 23.50/00).
La reprise en fentes de tension de ces filons montre des paléocirculations
antérieures au développement de pics stylolithiques verticaux
supposés oligocènes.
Si la direction NNE-SSW n'est pas évidente dans la paléogéographie
oxfordienne, en revanche, ces filons attestent d'une fracturation précoce
de la masse calcaire oxfordienne et de possibles paléocirculations
de fluides sur des directions habituellement attribuées à
l'Oligocène, posant ainsi la question de l'âge de l'initiation
des fossés. Dans l'hypothèse d'une poursuite de cette fracturation
jusqu'au Tithonien, l'origine des fluides météoriques pourrait
être alors recherchée lors des émersions crétacées.
La répartition géographique, stratigraphique et les signatures
isotopiques des filons sédimentaires devraient éclairer
l'histoire tectonique régionale ainsi que le rôle des accidents
dans les circulations de fluides.
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